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dimanche 5 août 2012

De Beijing (Chine) à Busan (Corée du Sud)


La date d'expiration du visa est proche, je reste seulement 3 jours à Pekin. La conception parfaitement quadrillée de la ville  me permet de circuler facilement à vélo, sans me perdre. Je sillone les grands axes, les petites ruelles... c'est bien moins typique que ce à quoi je m'attendais. Des habitants de longue date me racontent que depuis les JO de 2008, la ville ne cesse de se moderniser. En effet, les grandes avenues de building donnent un caractère plutot impersonnel à la ville.

Pekin - 19 millions d'habitants, ca grouille!

Pekin - la citée interdite

Pekin - un des parcs de la ville

Pour rejoindre la Corée du Sud, la meilleure solution reste le bateau. Moins chère que l'avion et plus pratique pour transporter le vélo. La reservation des billets n'est possible que par telephone et uniquement en chinois. On fait notre ''réservation'' avec la receptionniste de l'auberge de jeunesse ou l'on réside. Après 5 coups de telephone et plus de 2 heures de communication, ''c'est réservé'' nous dit-elle. N'ayant ni confirmation écrite ni numero de reservation, on est un peu septique... On tente donc plusieurs agences de voyage pour essayer de faire une réservation de manière plus sure. On se heurte une nouvelle fois à ce que l'on appelle désormais avec Tanel ''la logique chinoise''. On a droit à : ''On ne vend qu'aux chinois'', ''on ne vend que des tickets de train et d'avion'', ''ah,un ticket de ferry! il faut vous rendre à la poste!'' j'en passe et des meilleures...

Pekin
Incertain de pouvoir prendre le ferry, je pars tout de même avec Tanel, pour ce dernier bout de route en Chine vers la ville portuaire de Qinhangdao, à 300 kilomètres à l'Est de Pekin. Passé les alentours de la capitale, on retrouve une chine plus authentique, celle qu'on a connu ces trois derniers mois. Des minis supermarchés à tout les coins de rue qui vendent tous les mêmes produits, des chinois qui crachent par terre, des petits marchés de village et surtout les ''baouze'', ces gros raviolis chinois vont nous manquer.

La route vers Qinhuangdao

On arrive à Qinhangdao la veille du jour de la date d'expiration de notre visa. On trouve facilement le bureau de la compagnie de ferry. La secrétaire a tout préparé, on paie et recupère les billets, nous voila soulagé! Le lendemain, on embarque pour la Coree du Sud...

Qinhangdao

Rien à declarer!

Au revoir La Chine...

Les 26 heures de trajet prévues, se transforment finalement en 40 heures à cause d'un typhon (apprement, c'est la saison) . C'est donc deux jours pour tard qu'on arrive en Corée du Sud au port de Incheon. Seoul est  40 kilomètres à peine, on y va dans la foulée. 

Entre Incheon et Seoul

A chaque entrée dans un nouveau pays, je ressens ce melange de curiosité et d'exitation. Le changement se voit dès les premiers kilomètres, le code de la route est respecté, beaucoup moins de deux roues, un affichage clair mais sourtout des boulangeries qui vendent des baguettes! Je sens que je vais aimer la  Corée.


Arrivée à Seoul
Je passe 5 jours dans cette énorome mégalopole de 22 millions d'habitans. Je retrouve Lee qui vit à Seoul depuis des années. On s'était rencontré au Laos quelques mois plus tot. On avait séjourné dans la même guest house à Luang Prabang. Elle me fait découvrir la ville et tester les plats Coréens.

barbecue coréen, topoki, oudeng, bibimbap, bulgogi, kimchi stew, etc... tout ça en un seul repas...merci Lee!
Seoul

Seoul
Dans l'auberge de jeunesse ou je réside, une fois n'est pas coutume, je suis le seul voyageur, les autres résidants sont la depuis plusieurs mois, pour le travail, les études, des traitements médicaux ou autres. Il y règne une ambiance de collocation vraiment sympa. Parfait pour se reposer après les dernières semaines marathons en Chine.

Seoul - Je fête mes 31 ans avec Tanel et mes ''collocataires''

Seoul - vue de la Seoul tower

Seoul - Parc Tongdaemon

Après 3 mois passés avec Tanel, je pars seul pour cette traversée de la Corée. Tanel restera à Seoul pour essayer de trouver un petit boulot ou repassera par l'Australie, ou il avait déja travaillé un an, pour renflouer son portefeuille. On se retrouvera certainement dans quelques mois en Amérique du Sud.



Sortie de Seoul


Je roule pendant 4 jours entre campagnes, lacs, montagnes et rivières. Les paysages sont jolis et les conditions sont optimales : un temps magnifique, des routes en parfait état, des pistes cyclables, des aires de pics niques aménagées, des supermarchés avec tout ce qu'il faut (et même plus qu'il n'en faut), de l'eau potable au robinet... Bref je retrouve tout le confort des pays développés. Tout ces petits détails cumulés rendent ces jours très agréables. C'est les vacances dans les vacances! Par contre, les prix sont identiques à la France, après des mois passés en Asie dans des pays ou un repas me coutait un euro, j'ai du mal à m'y refaire.

Les paysages du centre de la Corée

Je retrouve la mer sur la cote Est, dans les environs de Uljin. Puis je me dirige vers le Sud par les petites routes cotières escarpées. Pas de tourisme de masse, je traverse de paisibles villages de pêcheurs, des zones sauvages et quelques plages.


Le village de Bugyeon

Mouais... j'ai pas gouté...

Ça pêche, ça pêche, ça pêche

Après ces quelques jours le long des cotes Coréennes, j'arrive à Busan, 2ème ville du pays après Seoul. J'avais contacté un membre de couchsurfing qui avait accepté de m'heberger. Mais au dernier moment, plus de réponses. Je cherche donc une auberge de jeunesse. Sur le chemin je trouve un endroit de bivouac à deux pas d'un des meilleurs quartier de la ville. Me voila SDF en ville. Je profite de mes derniers jours en Corée dans cette ville agréable.

Busan

Busan
Busan - plage de gwangalli

Demain, je prend le ferry pour le Japon!
A bientot.



vendredi 13 juillet 2012

De Chengdu (Chine) à Beijing (Chine)

Chengdu, capitale de la province du Sichuan. C'est la grande ville chinoise que je trouve la plus agréable. J'y passe 3 jours. Avec Tanel, on aime bien la Chine, surtout les gros raviolis chinois (les baouze), alors on décide de prolonger notre visa d'un dernier mois pour aller jusque Pekin  (en chinois Beijing). On fait un petit aller retour à Leshan, petite ville touristique au Sud de Chengdu.  Il est plus rapide et plus pratique de le faire renouveler la bas. Mais en récupérant notre passeport, surprise, le nouveau visa commence à la date de demande et non à la date d'expiration de l'ancien  comme on nous l'avait promis. Pour résumé, on perd 8 jours de visa. Le timing qui était large, devient serré. Pekin est à environ 2500 kilomètres, allons y...

Les pandas géants du centre de recherche de Chengdu

Chengdu - Tianfu square

Leshan - Bouddha taillé dans la roche , 71  mètres de haut pour 28 mètres de large

Le long chemin vers Pekin commence par des montagnes. On y retrouve le calme et les petits villages typiques. Aussi quelques villes de moyenne importance qui semblent toutes construites sur le même modèle : quadrillées Nord Sud Est Ouest et des quartiers entiers qui se construisent en periphérie.



Entre Chengdu et Xi'an

Ahhhh les nouilles faites maison, c'est bien meilleur!


Jiange - Les cours de Tai Chi, très populaires dans les parcs et squares

Sur cette route, on fait une rencontre surprenante. Au loin, 5 personnes marchent vers nous  en file indienne. On les voit se mettre debout, assis, debout... Mais que font ils? En les croisant, on se rend compte que tout les 5 mètres environ, ils s'agenouillent  pour prier. Et ce jusqu'au Tibet à plusieurs milliers de kilomètres!

Un pelerin bouddhiste en chemin vers Lhasa

Entre Chengdu et Xi'an

Entre Chengdu et Xi'an


On prend un jour de repos à Xi'an, une des villes les plus ancienne de Chine. Pleine de charmes avec son centre ville fortifié.


Xi'an - bell tower

Xi'an - le quartier musulman


Xi'an - Les remparts de la vieille ville

En quitant la ville, on passe visiter le site du mausolée de l'empereur. C'est un paysan qui a fait la découverte par hasard en 1974. En creusant dans son champ, il tombe sur une des fosses contenant les statues de milliers soldats en terre cuite. Cette armée de statues était sensée proteger la dépouille de l'empereur  Qin.



Puis la route devient bien moins jolie et interessante que ce qu'on avait connu auparavant en Chine. Les routes nationales, d'habitude peu fréquentées,  ressemblent désormais à des autoroutes et ne traversent plus les villes. C'est plat, monotomne et parsemé d'interminables zones industrielles poussiereuses.   Les jours se suivent et se ressemblent. Pas grand chose d'interressant à faire autre que du vélo, alors on collectionne les kilomètres...

Entre Xi'an et Pekin - j'ai connu plus sympa comme route....


On fête les 29 ans de Tanel avec nos voisines de table. Vous avez déja essayez de manger du gateau avec des baguettes?

C'est tout droit, tout plat, on s'y endort!

Après quelques jours de cette vie de chaufeur routier, on decide de bifurquer à nouveau vers les montagnes. C'est plus long, plus difficile, mais bien plus agréable.  Aussi, ça nous permet de voir quelques bribes de la grande muraille de Chine.

Ahhhh c'est mieux que les zones industrielles!

Juliongzhen

Une des ruines de la grande muraille de Chine

Après ce long chemin qui nous a fait traverser les provinces du Sichuan, Shaanxi, Shanxi (non, c'est pas la même) , Heibei, on arrive enfin dans la province de Beijing. On  se rend bien compte des investissements fait pour les jeux olympiques de 2008. Les routes sont neuves, des toilettes, des aires de repos, on se croirait dans un autre pays. Tout est bien plus propre et aseptisé.   

La jante de Tanel nous fait une belle frayeur en fissurant au milieu des montagnes à 200km de Pekin, mais elle a tenu bon!

A 40km de Pekin - arriver par les montagnes nous evite de traverser plus de cent kilometres de banlieues

Arrivée à Pekin - Square tiananmen

A bientot.



samedi 16 juin 2012

De Shangri-la (Chine) à Chengdu (Chine)

Shangri-la, me voila aux portes du Tibet. Cette région aux paysages hors du commun, malheureusement interdite aux étrangers. La seule façon d'obtenir le permis pour visiter le Tibet est de passer par une agence de voyage. C'est à dire, participer à une excursion organisée en minibus avec guide obligatoire pour un prix d'environ 200 euros la journée... Reste la solution choisie par tout les voyageurs à vélo: essayer d'y passer sans permis. Le risque est minime, dans la majorité des cas, se faire prendre sans permis entraine une simple expulsion du Tibet autonome. Avec Tanel, on a obtenu une prolongation de visa d'un mois. Pas assez de temps pour faire l'allez-retour jusque Lhasa, mais on decide d'y faire une petite boucle. En route...

 La vielle ville de Shangri-la

Danses traditionelles sur la place de la vieille ville de Shangri-la

Paysages de carte postale entre Shangri la et Deqin

Deux jours plus tard, on arrive à Deqin, dernière ville avant le Tibet. On fait le plein de nouriture et on prend une nuit d'hotel pour recharger les batteries. Celles de l'appareil photo et les notres! Ça ne va pas être de tout repos. On s'est beaucoup renseigné sur le sujet, passer au Tibet autonome sans permis implique quelques contraintes : éviter les points de controles ou les passer de nuit, pas d'hotels, pas d'arrêts dans les villes, ne pas accepter les invitations (on pourait se faire dénoncer ou nos hotes pourraient avoir des problèmes à cause de nous), se couvrir le visage (comme tout les cyclistes chinois). Mais le jeu en vaut la chandelle.

En route pour le Tibet...

Repas avec des cyclistes chinois déja rencontrés plusieurs fois

Petit plan fait maison pour comprendre ce que je raconte

Pendant plus d'une journée, on cherche cette petite piste qui nous permetrait de passer dans l'autre vallée et d'entrer au Tibet par la petite porte.  Cette  piste figure sur notre carte et nous eviterait les trois premiers points de controles dont celui du pont de Druka Zampa très strict. On observe, on cherche, on tente des chemins de montagnes mais on ne trouve rien. Même les locaux semblent ne pas connaitre l'existance de ce chemin. Finalement, on abandonne et on continue par la route. 

A la recherche de la piste perdue...

La vallée de ''Meli Snow mountain'' - en cherchant cette piste on la connait par coeur maintenant

La route nationale 214 à la circulation quasi nulle

Deux autostoppeuses chinoises rencontrées sur la route de Deqin nous précèdent et nous envoient par sms les emplacements des points de controles. Les cyclistes chinois qu'on croisent nous donnent aussi des précisions. Comme annoncé, le premier point de controle de Foshan est vide, on le passe donc sans problème. Nous voila au Tibet!

La rivière Lancang Jiang qui n'est autre que le Mekong

Flying temple

Notre ''déguisement'' de cycliste chinois spécial Tibet

Le prochain point de controle se trouve à Salt, 50 kilomètres plus loin. On campe avant la ville, pour essayer de le passer de nuit. Reveil à 3h du matin, on roule dans le noir jusqu'à la ville. Les deux barrières sont ouvertes. A la Première, les chiens aboient mais on passe sans se faire voir. A la deuxième, le policier de garde, qu'on esperait assoupi, nous voit passer et nous interpèle. On s'arrete.  Il nous demande notre permis, on lui tend nos passeports. On fait ceux qui ne savaient pas que c'était interdit. Il nous renvoie d'ou on vient. On va finir notre nuit quelques kilomètres plus bas.


Bivouac de fortune sous la pluie après s'être fait renvoyer du point de controle

Ni moi ni Tanel n'avons envie de retourner en arrière. On passe la matinée à essayer de trouver une solution pour contourner ce point de controle. Trop dangereux par les montagnes, pas évident par le village. Finalement on le passera dans l'après midi, caché dans la benne d'un camion.

Et hop la ni vu ni connu! on passe le point de controle caché sous la bache

On continue notre route, les yeux grands ouverts dans ces paysages extraordinaires. Après un interminable col, on arrive sur le haut plateau de Markam. Dans ces grands espaces, tout nous parait d'un autre temps : les villages qu'on traverse, les gens qu'on rencontre, on voit des nomades à cheval, d'énormes troupeaux de yaks, de chèvres, de chevaux...

Maisons traditionelles tibetaines

A Markam, on décide d'écourter la boucle prévue et de continer vers l'est pour rejoindre la province du Sichuan. Sans empreinter cette piste introuvable, les points de controles sont trop nombreux, et celui du pont de Druka Zampa est réputé infranchissable. Mais pour cela, ils nous faut d'abord passer la ville. Le point de controle est juste à l'entrée de la ville. On le contourne facilement par une petite piste paralèle. On traverse la  ville rapidement sans s'arreter. A la sortie, surprise, un deuxième point de controle! Cette fois on le contourne  difficilement par les montagnes.


Contournement du point de controle - Je sourris mais on en a bavé!
Dernier petit bout de route au Tibet autonome et dernier point de controle à passer, celui qui fait la séparation entre le Tibet et le Sichuan. Difficilement contournable: des falaises de chaque coté du fleuve Yangtze et la police sur le pont. Alors on y va au culot. Le plus facile pour nous renvoyer du Tibet, c'est de nous laisser sortir. On se decouvre le visage, on sourit, les policiers aussi, une touriste chinoise fait la traduction. L'entretien est cordial, on a droit à quelques questions, un controle du passeport puis ils nous laissent partir au bout d'une dizaine de minutes.

Voila à quoi ca ressemble ces points de controles
Sur la route...

Juste à la sortie du Tibet, passage des 20000 kilomètres

Nous voila sorti du Tibet autonome, mais on en a pas fini avec les montagnes et c'est temps mieux. Même si   les villages tibetains du Sichuan ont un peu moins de cachet, les paysages restes tout aussi jolis.


Batang - province du Sichuan, apres 5 jours de riz/biscuits au Tibet, on retrouve notre régime alimentaire chinois

La récompense après plus de 100 kilomètres de Montée

Passage du col de Hazi Shan à 4675 mètres d'altitude pour arriver sur le haut plateau de Litang
Jusque Chengdu, on roule sur la ''Sichuan-Tibet highway'', qui n'a d'autoroute que le nom, peu de circulation et l'asphalt laisse souvent place aux cailloux. On y croise chaque jours des dizaines de cyclistes chinois de tout les ages et de tout les Niveaux, tous en route vers Lhasa.

Tiens encore un groupe de cyclistes chinois! Ce jour la on en a compté 58, le record est de 113 en une journée!

Le haut plateau de Litang - Et ils sont ou les téletubises?

Sur le haut plateau...

On prend  un jour de repos à Litang (4040m d'altitude), seule ville sur le haut plateau. On avait déja ressenti les effets de l'altitude lors du passage des cols, mais  à Litang, on se rend compte que même les gestes du quotidien nous essouflent.


Litang

Les cols s'enchainent, on fait le yoyo entre 2000 et 4800 mètres d'altitude. Pendant plus de 300 kilomètres, la route est en construction, on mange de la poussière et on se fait secouer comme de mirabeliers . Le fait de devoir être concentrer en permanence sur la route pour slalomer entre les cailloux gache un peu le plaisir. Et quand le vent, la pluie et la grêle s'en mêle, ça peut vite devenir la galère. 


Yajliang - Rencontre avec Xavier, un cyclo français, lui aussi, la poussière il connait!

Encore ces superbes paysages...

Acceuilli par un tibetain dans une maisonette isolée lors d'une tempete au passage du col de Zheduo Shangkou

Même écourtée, cette boucle, dans la région du Kham (région culturelement tibétaine qui regroupe l'extreme Nord du Yunnan, l'Est du Tibet autonome  et l'Ouest du Shichuan)  était absolument fabuleuse. Après 120 kilomètres de descente (youhou!) on retrouve la plaine, les haut fourneaux, les zones industrielles, les grandes villes et leurs flots de circulation. Puis on rejoint Chengdu pour retrouver notre souffle et reposer nos jambes.

Arrivée à Chengdu

A bientot.