vendredi 6 septembre 2013

De Potosi (Bolivie) à San Pedro de Atacama (Chili)

Je reprends la route, toujours avec Kurt, pour les derniers kilomètres en Bolivie qui vont nous mener au Chili. C’est un passage du voyage que j’attends beaucoup en raison des paysages exceptionnels qu'offre le Sud Ouest de la Bolivie. Première étape : Uyuni. La route qui y mène est une très bonne surprise : fraîchement revêtue depuis 2012, la circulation y est quasi nulle et les paysages sont vraiment chouettes : des canyons, des montagnes multicolores, et des grands espaces...

Entre Potosi et Uyuni


Entre Potosi et Uyuni- village de Choquilla

Entre Potosi et Uyuni

C'est assez désertique et montagneux, on y voit plus de lamas que d'habitants, seuls quelques hameaux nous permettent de nous ravitailler sans soucis et chaque soir on trouve des endroits de bivouacs superbes.  On profite de ces dernières centaines de kilomètres d’asphalte car on sait que la suite sera plus difficile.

Entre Potosi et Uyuni

Entre Potosi et Uyuni

Entre Potosi et Uyuni

3 jours plus tard, on arrive à Uyuni, bien connue pour son salar. Petite ville d’environ 15000 habitants perdue au milieu de nul part. Les rues sont poussiéreuses, aucun bâtiment n’est terminé, il y a une petite place centrale  dans un meilleur état avec quelques pizzerias et des dizaines d’agences de voyage qui proposent des tours sur le salar.

Uyuni

Uyuni - cimetière des trains

Marché de Uyuni

Uyuni est pour nous la dernière opportunité de faire les courses et de prendre un jour de repos avant d’attaquer un "gros morceau" : la traversée du désert du Sud Lipez.

12 jours de riz/pâtes/purée/lentilles/flocons d'avoine, de quoi tenir jusqu'au Chili

Uyuni

Uyuni - encore un défilé...

Pour arriver au désert du Sud Lipez, il nous faut traverser le salar d’Uyuni. C’est le plus grand désert de sel du monde avec une superficie de plus de 10 000 km² soit (150 km sur 100 km). Pédaler dans cette immensité de blanc procure une grande sensation de liberté, plus de route à suivre, plus de vigilance  vis-à-vis de la circulation, on se repère simplement  avec les volcans et heureusement que les quelques traces de 4x4 nous remettent parfois sur le droit chemin. C’est parfaitement plat, mais le vent constant et les nuits glaciales peuvent rendre ces instants beaucoup moins agréables.

 
Entrée du Salar de Uyuni

Ilsa Incahuasi au milieu du Salar de Uyuni et ses cactus géants dont certains font de plus de 9 mètres

Salar de Uyuni

Une fois le salar passé, nous voilà dans ce fameux désert du sud Lipez. Il est réputé pour ses lagunes, ses flamands roses, ses volcans, ses geysers et autres  paysages incroyables mais aussi pour ses pistes très difficiles, ses températures qui donnent la chair de poule et son vent infernal.


Désert du Sud Lipez - c'est parti...

Le volcan Ollagüe (5869m), notre point de repère pendant les premiers jours
Ce vent infernal, on fait rapidement connaissance avec lui, il vient souvent du Sud et nous fait presque reculer tellement il souffle fort. Il soulève le sable, nous en met plein les yeux, et on se rend compte qu’il vaut mieux bivouaquer bien à l’abri. Dès les premiers kilomètres, on se retrouve pris dans une tempête de sable, histoire de nous faire comprendre que traverser ce désert ne sera pas du gâteau.

Désert du Sud Lipez -  la tempête de sable se prépare...

Désert du Sud Lipez

Désert du Sud Lipez

On a bien pris soin de collecter les informations des cyclos qui sont précédemment passés par là: cartes détaillées, points d’eau, bifurcations, endroits de bivouac protégés du vent, etc… (dont le fichier PDF très bien fait « cycling south west Bolivia ») mais malgré cela, il est très facile de s’y perdre. On en fait l’expérience dès le premier jour. Les pistes partent dans tous les sens, les croisements sont partout et rapidement  on commence à se demander si on est sur la bonne piste. On se débrouille avec la boussole, s'oriente par rapport aux volcans, aussi parfois on a l'occasion de demander notre chemin aux 4x4 des tours organisés, mais pour cela, il faut être sur la bonne piste…

Désert du Sud Lipez - A droite? A gauche? toujours le même dilemme...
Désert du Sud Lipez - vue sur le salar de Chiguana
Désert du Sud Lipez - tempête de neige en haut d'un col à 4700 mètre d'altitude, on fait pas les malins...

On continue notre chemin sur les pistes de ce désert. Ce sont les plus difficiles que j’ai connu jusqu’à présent. Du Sable qui nous oblige parfois à pousser le vélo, de la tôle ondulée pour nous secouer comme des pruniers, des cailloux pour tester notre habilité à slalomer, de la boue pour nous en mettre plein la figure et de la neige pour nous faire glisser... on a le droit à tout et ça transforme parfois les journées en exercice d'endurance ! Le tout cumulé au vent, mon compteur affiche rarement plus de  10 km/h.

Désert du Sud Lipez -  on a pas fini de pousser...
Désert du Sud Lipez - Laguna Hedionda (4150m)
Désert du Sud Lipez

Pour compléter le tableau, dès que le soleil se couche, les températures descendent largement en dessous de zéro. Chaque nuit je mets une couche de plus en espérant avoir plus chaud que la veille: 4 paires de chaussettes, 2 shorts, 2 pantalons, 3 T Shirts, 1 T shirt à manches longues, 2 vestes polaires, 1 coupe vent, 1 veste gore tex, bonnet, gants, 2 sacs de couchages et la couverture supplémentaire que j'ai acheté spécialement pour cette partie. Malgré tout ça combiné, je passe les nuits à grelotter sous la tente. Pour ne pas aider, c'est le moment que la fermeture éclair de ma tente a choisi pour cesser de fonctionner.  

Bivouac à 4600 mètres d'altitude,  réveil à moins 13°c sous la tente, je rigole mais j'ai pas dormi de la nuit!

Désert du Sud Lipez - Arbol de piedras forgé par le vent et le sable (4600m)

Désert du Sud Lipez - les eaux rouges de la laguna colorada (4300m)

Pourquoi passer par ce désert si les conditions sont si difficiles? Je pense que les photos parlent d'elles mêmes: les  paysages sont exceptionnels, après chaque col on découvre des lagunes de couleurs incroyables, des flamands plus roses que jamais, des décors lunaires, des volcans enneigés, des geysers, des eaux thermales, des vacunas (lamas sauvages), etc... Bref un concentré de ce que la nature peut offrir de plus joli.

Une des dizaines de lagunes du désert du Sud Lipez

Désert du Sud Lipez - les pistes sableuses en tôle ondulée 

Désert du Sud Lipez - les eaux thermales de la laguna Chalvari (4400m) le top après une journée de vélo!

On suit cette chaîne de montagnes et de volcans qui nous mènent vers le Sud. Plus on monte en altitude, plus les paysages deviennent impressionnants. La piste devient aussi plus praticable, le chemin est aussi plus facile à trouver, on a aussi l'occasion de passer 2 nuits dans des "refugios" (refuges). Ça nous permet dormir au "chaud " (moins 2°c dans le dortoir) et de récupérer un peu.


Désert du Sud Lipez - passage du col de Sol de Manana (5027 mètres d'altitude)

Désert du Sud Lipez - les Geysers de Sol de Manana  (4900m d'altitde)

Laguna verde (4350m) au pied du volcan Licancabur (5916m) qui fait frontière avec le Chili

Après 10 jours dans ce magnifique désert, la frontière chiliènne est toute proche. Il est temps d'y arriver, on commence à rêver de fruits frais, de légumes, de pain... On parle souvent entre nous du premier repas après le désert. Le dernier col est en vue, le vent semble ne pas vouloir nous laisser partir, on lutte pour arriver au sommet car on ne veut passer une nuit de plus à geler sous la tente.


Le poste frontière Bolivien (4650m)
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On toque au minuscule poste frontière bolivien, les deux agents qui vivent ici isolés, nous tamponnent notre passeport, nous font la photo souvenir et nous indiquent le chemin pour le Chili.

Nous y voila!

Après 11 jours de pistes, les retrouvailles avec l'asphalte!

Du coté chilien, pas de service de l’immigration à la frontière, il faut se rendre à San Pedro de Atacama, un peu (beaucoup) plus bas. On se laisse descendre pendant 50 kilomètres, on passe de 4650 mètres à 2500 mètres d'altitude jusqu'à ce village au milieu du désert pour faire tamponner notre passeport, retrouver notre souffle et surtout de la chaleur. J'y suis depuis quelques jours, j'en parlerais la prochaine fois...
A bientôt.

4 commentaires:

  1. incroyable ce que tu fais!
    ton blog est bien fait et c'est super de nous faire partager tes aventures.....je te suis depuis ton départ de Saulnes.....
    bonne continuation Loïc!

    Monique SCHLOSSER la tante de Karine Benti

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  2. Coucou Loic,
    Paysages à couper le souffle, que dire de plus...
    Ah oui, la semaine dernière, j'ai fait une épreuve en Suisse avec 5 jolis cols dont le plus haut à 2476 m... ça doit bien te faire rire ces chiffre ! hihihi !!!
    Bonne continuation pour la suite ... et vivement ton prochain billet

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  3. Trop top ce billet, impressionnant et vachement intéressant. Quelle belle aventure, malgré le froid des montagnes boliviennes. Seuls au Monde sur un vélo, peu ou pas d'êtres humains mais une nature à couper le souffle. Merci de nous faire partager ces moments. Bonne route au Chili et à bientôt. Patrice

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  4. Salut le cyclo, juste un petit mot pour te dire que nous aussi on roule en vélo 200 Km/semaine on traverse différents Pays (Belgique,Luxembourg, France)et que nous aussi nous avons les lévres gelées lorqu'on s'arrête au café prendre un ricard avec un glaçon, on passe des cols à 426 m bon c'est vrai que ça n'a pas grand chose à voir avec ce que tu fais . C'est toujours instructif de te lire . Bonne route à très bientôt à Santigo Du Chili mais là on arrive en avion c'est plus rapide que le vélo..et continue à nous faire rêver.
    Grosses bises de tes parents

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