dimanche 3 août 2014

De Gweru (Zimbabwe) à Mbabane (Swaziland)

Gweru est une petite ville en plein centre du Zimbabwe. Je n’y passe qu’une demi-journée pour mettre à jour ce blog puis je continue ma route vers l’Afrique du Sud.

Ville de Gweru
Il reste 400 kilomètres jusqu’à la frontière. Le Nord du Zimbabwe est couvert de brousse. Dans la partie Sud,  les longues lignes droites dans la brousse continuent, comme si les mêmes paysages défilaient sans fin.


Brousse, brousse en brousse… Runde River, en réalité c’est juste une station-service au bord de la rivière
Peu de villes, peu de villages, peu de gens  - Une des rares habitations que je vois en bord de route
La brousse, c’est ennuyeux à vélo, mais qu’est-ce que c’est  pratique pour le bivouac
Je mets le pilotage automatique et pendant quelques jours, je roule  sans avoir trop de contact avec les gens (eh ouais, y a personne !) . Pour égailler un peu tout ça, il y a les camions, ceux qui m’obligent à tendre l’oreille et à sortir de la route au moindre  bruit de moteur ou coup de klaxon. Aussi, les quelques hommes en bord de route avec qui je discute parfois. Ils agitent un papier alu au bout d’un bâton. Ça signifie qu’ils achètent de l’essence ou toutes autres marchandises aux camions en provenance d’Afrique du Sud pour les revendre localement. Ils m’expliquent de quelle manière la crise financière du début des années 2000 leur fait perdre leurs économies et la difficulté de s'en sortir avec un taux de chômage avoisinant les 70%.


Ah oui, y a les baobabs aussi, toujours aussi impressionnants - le vélo donne l’échelle
Dans la ville frontière de Beitbridge
Le Zimbabwe pour moi se termine comme ça, sur le pont qui traverse la rivière Limpopo
De l’autre côté de ce pont, derrière le grand poste frontière moderne et ultra sécurisé, c’est l’Afrique du Sud.  Changement de pays certes, mais j’ai l’impression de changer de continent. De larges routes, de grands supermarchés, de gros pick up, des fast food partout. Ca ressemble plus aux Etats Unis qu’a l’Afrique que j’ai connu ces derniers mois.


Poste frontière de Beitbridge
La frontière politique est passée, mais coté Sud-africain, les lignes droites dans la brousse sont toujours là. Les routes sont plus larges et il y a une bande d’arrêt d’urgence, mais c’est pas pour autant que je m’y  sens  en sécurité, ça sert aussi de voix de dépassement! 


5ème kilomètre en Afrique du Sud – « Zone de haute criminalité, ne vous arrêtez pas »…rassurant...

Les barbelés sont partout alors je dors ou je peux…
Derrière les grillages, quelques antilopes, mais aussi quelques singes qui traversent la route
Le long de ces routes grillagées : de luxueux lodges, des réserves privées  et quelques grandes fermes industrielles. Les jours passent, je traverse les premières villes, je m’arrête dans les villages, discute avec les gens aux stations services. Les saluts spontanés et les sourires que j’ai connu ces derniers mois ont disparu, mais le vélo est toujours cet « outil magique » qui permet de briser la glace et de créer le contact.

Après la brousse, les premières montagnes en vue...Enfin!
23 ans après la fin de l’apartheid, Je ne m’attendais pas à un Disneyland en arrivant en Afrique du Sud, mais c’est pire que je ce que je pensais. Un peu comme un échiquier, il y a de cases blanches, des cases noires. Et les échecs, c’est compliqué. En général, les blancs vivent à l’occidentale dans leurs grandes maisons ou ranchs barricadés derrière des clôtures électrifiées. Les noirs vivent dans des quartiers modestes, des bidonvilles ou des villages sans eau courante. Dans les rues,  les supermarchés et les lieux publics, des groupes de blancs, des groupes de noirs mais pas vraiment de mélange, pas de couple mixte ou de groupes de copains blancs/noirs. En quelques kilomètres seulement je passe des cases blanches aux cases noires, des plus beau quartiers ou aux plus modestes villages, le contraste est énorme.


Ville de Tzaneen
Abel Erasmus Pass
Un village dans les montagnes

Quelques journées de vélo plus loin, je sors enfin de la route principale, je grimpe, je me laisse descendre en roue libre, je vois des sapins. Après plusieurs miliers de kilomètres de brousse, j’apprécie de retrouver de la verdure et du relief. D’autant plus que la route longe le Blyde river canyon avec des points de vue magnifiques.


Blyde river Canyon
Je passe un peu de temps dans le coin, prends quelques jour de repos au Village de Graskop, je fais des petites journées de vélo pour profiter des points de vue, des cascades et autres chouettes paysages qu’offre cette région.


 Les alentours de Graskop
Petit dej au Soleil pour se réchauffer après les nuits frisquettes
Un des point de vu sur le Blyde River Canyon
Je continue mon chemin vers le Sud. En arrivant à Nelspruit, Je rencontre 3 cyclistes qui terminent leur balade du dimanche. C’est Esra, Eva et Roy. Je fais les derniers kilomètres avec eux jusqu’au centre ville et on va boire un  café tous ensemble. J’ai quelques bricoles à faire et je dois rester plusieurs jours à Nelspruit. Ils insistent pour m’aider, je suis reçu dans la superbe maison d’Esra  sur les hauteurs de la ville. Plus que de m’héberger, Esra me prend littéralement sous  son aile :  Me prend Rendez-vous chez le dentiste pour soigner cette carie qui dure depuis un moment, m’emmène partout où j’ai besoin d’aller et j’ai aussi droit aux bons petits plats cuisinés. Je suis gêné par tant de générosité.


Nelpruit - Esra, Eva,  Loic - 'n GROOT dankie Esra 
La carie est plus grave que prévue et nécessite un deuxième Rendez-vous  4 jours plus tard pour terminer le travail. Je profite de ces quelques jours pour  visiter le parc National Kruger qui se trouve juste à côté. Et encore une fois, Erza est là. Je laisse le vélo chez elle  et elle me conduit au Parc.


Kruger National Park
Kruger National Park - Vous avez vu le lion à droite? ...non, en fait y en pas...
Kruger National Park
Entre morning game walk (marche guidée du matin) , les sunset game drive (safaris du soir) et les tours  en voiture avec d’autres touristes rencontré au camp, j’ai l’occasion de voir beaucoup d’animaux : des rhinocéros, des antilopes de toutes sortes, des hippopotames, des zèbres, des girafes, des éléphants, mes amis les léopards et même des lions. Ce parc, c’est pour moi une des dernières occasion de voir certains de ces animaux en Afrique.

Kruger National Park - Mieux vaut ne pas être à vélo par ici
Kruger National Park
Kruger National Park
La dent dévitalisée, rebouchée, réparée je reprends la route, direction le Swaziland. ce petit pays enclavé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique. Pour y arriver: quelques efforts,  beaucoup de grimpettes et un peu de piste, mais ça en vaut largement la peine, j'en prend plein les yeux.

Vue du Saddleback Pass
Et ça monte, et ça monte...
Vue du dernier col avant le Swaziland

Je passe la petite frontière reculée, me voila au Swaziland, je vais y rester quelques jours seulement. C'est un petit "retour en Afrique" avec son coté pile et face. Les sourires et la spontanéité des gens que j'apprécie tant et le fait de passer pour un porte monnaie sur roues dont je me passerai bien. Les chouettes paysages sont toujours là, c'est toujours aussi agréable de rouler par ici. Je suis maintenant à Mbabane, la capitale, ou plutôt un peu  à coté, juste pour une journée de repos avant de retourner vers l'Afrique du Sud.

A bientôt.