Le
lac Atitlan au milieu des volcans est magnifique certes, mais pour sortir de
la, c’est plutôt sportif. Les dénivelés sont très importants et je dois
sérieusement appuyer sur les pédales pour quitter ce petit paradis.
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Guatemala - Vue du port de Panajachel - Dernier regard sur le Lac Atitlan
Pour
rejoindre la route principale, la panaméricaine, je dois empreinter des petites
routes parfois des pistes, souvent en mauvais état. Les paysages sont plutôt
jolis, et la circulation est quasi nulle. Cela donne un aspect encore plus agréable
au parcours, jusqu’à ce que deux hommes viennent à ma rencontre. Ils ont le
sourire et sont sympathiques. On discute une petite heure mais leur premiers
mots étaient : "c’est dangereux pour un touriste ici, tu pourrais te faire attaquer, il faut que tu
restes sur les routes principales".
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Villages du Guatemala |
Sur
le chemin entre Panajachel et Antigua, à San Andreas Itzapa plus précisément,
sur trouve l’atelier de "Maya pédal". Cette association qui fonctionne
principalement avec des bénévoles transforme de vieux vélos pour en faire des
machines à laver à pédales, des vélos à mains pour personnes handicapées, des pompes ou autres. Je suis bien curieux de voir
ça. Pour y allez, il y a un raccourci par une piste. Quand je demande mon chemin, on me répond : ''c’est cette piste la, mais c’est dangereux,
tu vas te faire voler, il vaut mieux que tu fasses le tour par la route principale".
Je joue la sécurité et fais la boucle, mais arrivé à San Andreas Itzapa, le
village n’en ai pas vraiment un, c’est même une petite ville. Je demande
plusieurs fois, les gens semblent ne pas connaitre ou ne pas vouloir
m’aider. Il commence à faire noir, je rejoins rapidement Antigua.
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Antigua |
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Le Marché d'Antigua |
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Antigua |
Je
passe deux jours à Antigua qui fût l'ancienne capitale du royaume du Guatemala. Je profite des petites rues colorées, des concerts
gratuits dans le parc central, mais aussi de me reposer avant de traverser les
pays d’Amérique centrale réputés "dangereux". Ces histoires de cyclo et autres voyageurs se font voler ou agresser (dont certains que j’ai
croisé personnellement) ainsi les mises
en garde répétées des locaux, commencent à m'inquiéter. Cependant, pour
beaucoup de gens ça se passe sans problèmes en prenant les précautions nécessaires.
Je
quitte Antigua et me laisse descendre entre les volcans pour rejoindre la "Carretera
del litoral". Cette route parallèle à la panaméricaine qui longe la côte
pacifique jusqu’au Nicaragua va me permettre de retrouver du plat et d’éviter
les capitales du Guatemala, de El Salvador et du Honduras.
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Volcan Acatenango |
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Escuintla |
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Dernières images du Guatemala |
Je
passe sans problèmes la frontière de El Salvador. Je découvre ce pays qui a si
mauvaise réputation. C’est plat, il y a une large "bande d’arrêt d’urgence"
qui est utilisée par les nombreux locaux à vélo. Le soleil est bien ancré dans
le ciel, mais la route est souvent ombragée par des cocotiers. Les épiceries qui
s’appellent ici des "refresceria" sont suffisamment présentes pour ne
pas se soucier de l’eau et de la nourriture. Bref, rouler dans les paysages
tropicaux de El Salvador serait vraiment agréable si il n’y avait pas cette
ambiance "pesante". Sur mon passage,
j’entends très souvent des "gringos" plutôt agressifs, parfois des insultes (en espagnol ou en
mauvais anglais), quelques menaces même. Les regards sont noirs, arrogants et les gens ne sont pas des plus accueillants.
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Arrivée à El Salvador |
A
l’approche de la frontière du Honduras,
je me fais même "chasser" d’un comedor (petit restaurant de rue) ou je
voulais acheter des tortillas. Un homme, machette à la main me
dit : "salut gringo ! Ou tu vas ?" je lui réponds :
"Bonjour, je vais au Honduras." Il rétorque :"C’est par la, va-t’en!"
Je le regarde étonné, il se lève, le regard menaçant, lève la machette en
l’air et crie: "va-t’en, tout de suite!" (Je vous passe les insultes). Je remonte sur mon vélo et m’en vais. Avec cette ambiance plutôt désagréable, je ne
fais pas grand-chose d’autre de mes journées que du vélo. S’ajoute à cela
la difficulté de trouver un endroit pour mettre ma tente, les journées de vélo s’allongent
et deviennent un exercice d’endurance. J’aurais quand même quelques échanges
sympas avec des routiers et ce livreur de lait qui m’en apprend un peu plus sur
ce pays, la pauvreté et la difficulté de s’en sortir quand on a rien.
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El Salvador - La carretera del litoral |
Je
passe seulement une journée au Honduras. Je dois traverser la petite partie Sud
du pays pour arriver au Nicaragua. Les paysages ont changés, c’est plus
sauvage, parfois désertique même. La pauvreté monte encore d’un cran, je
ne vois plus beaucoup de maisons en dur,
elles sont souvent faites de bric broc. Les conditions de route se dégradent,
plus de bande d’arrêt d’urgence, les nids de poules se transforment en nids de dinosaures.
Je dois faire attention ou je mets la roue
sous peine d’y laisser une jante. L’ambiance aussi se dégrade : j’entends
des ‘’gringos’’ systématiquement, les insultes deviennent fréquentes et les
menaces aussi. Pour le coup ça commence à devenir plutôt dangereux, je me
sens de moins en moins à l’aise.
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Choluteca |
La traversée de la Ville de Choluteca
n’améliore pas les choses. Pour planter le décor : ville animée, beaucoup
de monde, je vois des hommes s’échanger des armes à feu dans la rue, seuls les axes principaux sont goudronnés, la plus grande partie des rues de la ville sont
en terre battue caillouteuse et poussiéreuse. Comme dans tous les pays d’Amérique
centrale. Les épiceries sont barricadées, des agents de sécurité armés gardent
le moindre endroit où il y a de l’argent: les banques, stations essence,
certains hôtels, etc... Je pense traverser
cette ville sans problèmes, mais il y a un changement de direction et pas de
panneau. Du coup, je dois tourner un peu pour m’y retrouver. Quand je demande
mon chemin, encore une fois on me dit: "Tu peux récupérer la route par ici,
mais il y a beaucoup de délinquants, passe plutôt par la…". Il y a de quoi
devenir paranoïaque… Je m’engage dans les petites rues, un homme me suis en
vélo, revolver à la ceinture et me dit: "Hey gringo! Ou tu vas ? Qu’est
ce que tu cherches ? T’as rien à faire ici…" Je continue sans m’arrêter Quand
je récupère la bonne route, juste à la sortie de la ville. Deux jeunes
traversent la route, et me voyant au loin, s’arrêtent au milieu de la chaussée,
lèvent leur machettes en l’air et m’insultent ; juste par plaisir. Je les contourne et ne m'arreterais qu'a la frontière 40 kilomètres plus loin.
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Honduras - Entre Choluteca et la fontière avec le Nicaragua |
Le
passage de frontière du Nicaragua est un peu comme une délivrance. Dès les
premiers kilomètres, tout semble bien plus tranquille, les insultes ont cessées,
je reçois même quelques sourires et des bonjours. Pourtant, la pauvreté est ici aussi
bien présente et la vie semble aussi difficile que dans les pays voisins.
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En route pour découvrir le Nicaragua... |
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Vue sur le Volcan San Christobal (1745m, en activité légère) |
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Les campagnes du Nicaragua |
Ces
interminables journées de vélo sous les insultes et avec ce climat d'insécurité m’ont
épuisés, physiquement mais surtout moralement. Je ne pense plus qu’à une chose,
rejoindre la ville de Léon pour prendre du repos. Je décide d’y rester autant
de temps que nécessaire pour récupérer et me changer les idées.
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Léon |
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J'ai vraiment cru que j'allais tirer mes pneus jusqu'au bout. 1er (et dernier) signe de faiblasse après 34 882km de bons et loyaux services |
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Les magasins de vélo de Léon |
La
ville de Léon bien connue pour son architecture coloniale a un charme fou. Elle
reste authentique, pas encore envahie par les Mac Donalds, Burger King et
autres Starbucks. Les façades défraichies aux couleurs vives, des marchés dans tous
les coins.et un centre-ville à taille humaine qui permet de se déplacer facilement
à pied. Voila qui est parfait pour quelques jours de repos.
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Léon |
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Léon - une de dizaine d'église de la ville |
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Léon |
L’auberge
de jeunesse dans laquelle je réside organise comme beaucoup, des sorties dans
les volcans alentours. A la différence prêt que la descente se fait en luge !
C’est pas banal et plutôt sympa.
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Vue sommet du Volcan Cerro Negro |
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Ah ouais... faut descendre ça en luge...Vous voyez le camion en bas? il est tout petit hein? |
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Youhou! |
Je
remonte ensuite sur le vélo pour me rendre à la plage de ‘’Las
Penitas’’ à 30 kilomètres à peine. Il y
a une plage certes, mais c’est avant tout un tranquille village de pécheurs.
Les rares hôtels ou auberges sont familiales et les locaux sont sympathiques.
C’est l’occasion de m’essayer au surf. L’endroit est idéal pour les débutants.
Les vagues sont de petites tailles, la plage déserte et les prix défient toute
concurrence. Après deux heures de cours et des heures à patauger dans l’eau
par moi-même. Je dois me rendre à l’évidence… Je suis mauvais! Je devrais encore
beaucoup pratiquer avant de vraiment
commencer à prendre du plaisir. Pour le moment, le fait de nager des heures et
louper la vague de très peu à chaque fois me fait perdre patience.
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Le village de Las Penitas |
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Las Penitas - Partie de volley avec les locaux |
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Las Penitas - Coucher de soleil sur l'océan pacifique |
Je
reprends ensuite la route direction Granada, bien reposé et la tête vidée. C’est pas une surprise, la route est plate et monotone, mais les
quelques vues sur les volcans environnants sont toujours impressionnantes. Jusqu’à
présent, pour des raisons de sécurité, j’avais pris soin d’éviter les capitales
des pays d’Amérique Centrale. Cependant éviter Managua, la capitale du
Nicaragua, sans faire de gros détours est difficile. Je n’ai donc peu d’autres
possibilités que d’y passer. La ville n’a rien de très attractif, je la traverse
en m’arrêtant le moins possible. J’essaie surtout de ne pas me perdre pour
ne pas arriver par mégarde dans des quartiers peu recommandables. Comme Il n’y
a pas de panneaux, je dois demander mon chemin plusieurs fois , et comme à l’habitude,
on me parle de danger, de vols et d’agressions... ça devient désespérant !
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Entre Leon et Managua - le Volcan Momotombo |
J'arrive à Granada ville coloniale à deux facettes : le centre ville touristique très (trop?) propre et rénové et le reste de la ville bien plus typique. En attendant le ferry qui va m’emmener sur l’ile
de Omotepe, j’ai le temps de me balader dans la ville.
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Le marché de Granada |
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Granada - parc central |
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Les rues de Granada |
A bientôt