La sortie de Delhi se passe facilement. Je traverse la région de l'Uttar Pradesh. La route à double sens est encore plus fréquentée et dangereuse que ce que j'avais connu auparavant. Chaque jour, je suis témoin d'un accident : un motard qui chute juste à coté de moi, un buffle qui s'est fait percuter agonisant dans le fossé, une collision frontale vélo-moto, un 4x4 enroulé autour d'un arbre, le conducteur recouvert d'un drap blanc.
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C'est la loi du plus gros, les camions sont rois, les vélos passent par le bas coté... |
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Les villes sont toujours aussi vivantes, bruyantes et poussiéreuses |
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Les endroits de bivouac toujours aussi difficiles à trouver, je suis souvent obligé de me cacher ''comme un rat'' |
Les zones rurales toujours aussi jolies, rivières, saris colorés, champs de cannes à sucre, rizières... Jours après jours, les yeux se brident, j'approche du Népal.
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Travail dans les champs |
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Bouse de vache et paille séchée pour faire du combustible |
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Traversée du Gange |
La frontière Indo/Népalaise a des allures de bout du monde. La rivière qui sépare les deux pays est traversée par un grand pont métallique. Des dizaines de vélos y passent dans un calme parfait transportant d'énormes sacs de marchandises. Le poste frontière est simpliste, une table, deux chaises et un cahier qui sert à l'enregistrement des étrangers. Les formalités se passent sans problèmes, je paie 42 dollars de frais de visa, ''welcome to Nepal'', c'est parti...
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La frontière indo/nepalaise de Mahendranagar, tout à l'Ouest du Nepal |
Le changement avec l'Inde se ressent dès les premiers tours de roues. La route est calme et paisible, j'y vois plus de vélos et de piétons que de camions et de voitures. Peu de déchets, pas de poussière, pas de klaxons... c'est vraiment agréable d'y pédaler. Malgré la pauvreté, je ressens une certaine joie de vivre, une atmosphère agréable. Les gens sont souriants, les saluts spontanés et chaleureux. Les enfants sont particulièrement enthousiastes à mon passage. Les ''Namste'', ''bye bye'' et grands sourires sont systématiques. Quand je passe devant une école c'est l'euphorie.
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''L'autoroute'' qui traverse le Népal d'Ouest en Est |
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Les enfants du village |
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La vie est simple, pas d'agriculture de masse, chaque famille a quelques vaches, chèvres et un peu de terrain cultivé |
Jusqu'à la ville de Butwal, je roule sur la partie plate du Népal. Pendant plusieurs centaines de kilomètres, je longe la chaine de montagne de l'Himalaya. Je traverse les parcs nationaux de la région du Terai. Malgré que la route soit souvent droite et plate, les petits villages, les sourires, les rencontres et la beauté des paysages font que c'est rarement monotone.
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Karnali bridge |
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Karnali river |
Je m'arrête une journée au parc National de Bardia dans l'Ouest du pays. Heureux hasard, dans le camp de ''cottage'' ou je vais, il n'y a que des francophones. Baptiste et Sarah en route pour plusieurs années de voyage/travail autour du monde. Linda voyage pendant un an au grès de ses envies. Guy en vacances pour plusieurs mois au Népal, idem pour Sylvie qui vient du Canada. Feu de bois et chouette ambiance dans ce camp, on s'y sent bien.
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Sylvie, Loic, Guy, Sarah, Baptiste, Linda |
Je visite le parc avec Guy et notre guide, Dip. On marche toute la journée dans cette jingle immense à traquer les éléphants, tigres et autres animaux sauvages. On repère les traces, écoute le moindre bruit et grimpe aux arbres pour repérer les animaux. Dip voit tout, alors que Guy et moi passons juste a coté d'un python de plus de 5 mètres sans même l'apercevoir. On voit des dizaines de singes, des daims, des serpents, des crocodiles, des oiseaux de toutes sortes, on a même eu la chance de tomber sur un rhinocéros.
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Guy, Dip, Loic |
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Un des Pythons de plus de 5 mètres de long |
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Et dire que j'ai failli me baigner dans cette même rivière, la veille quelques kilomètres en amont... |
Les Nepalais n'ont pas de voiture privée, ils se déplacent beaucoup à vélo, souvent même à 2 par vélo. Du coup je suis souvent accompagné sur de brèves parties de routes : par des étudiants qui vont en cours, des gens qui vont travailler et des curieux qui se demandent ce que je fais la. C'est plutôt sympa, je rencontre plein de gens de cette manière, ça me permet de discuter un peu et d'en savoir un peu plus sur le pays.
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Sur la route je me fais inviter à manger chez Resham. Oui je sais, j'ai une cuillère...vous avez déjà essayé de manger du riz à la main? |
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C'était le jour du festival de Maghi Sacranti, du coup, j'y ai eu droit... |
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Avec Resham et Meram |
A Butwal, je m'arrête dans un cyber café. Je n'arrive pas à mettre le blog à jour à cause des coupures d'électricité. C'est fréquent au Népal, il y a entre 8 et 10 heures d'électricité par jours. Ca va et ça vient de manière aléatoire, tout le monde ici en a l'habitude. Je sympathise avec Bishnu, le gérant de l'établissement, qui m'invite à passer la nuit chez lui. Je laisse mon vélo à son bureau et on se rend en bus dans son village à 11km de la. Il vit chez ses parents avec sa femme, ses deux frères, sa belle soeur et sa petite nièce. Il vivent simplement, leur maison est a l'image de celle de Resham et de toutes les maisons des villages que j'ai pu voir le long de la route. Un salon, deux chambres, une petite cuisine, une pompe dans la cour et les toilettes au fond du jardin. Encore une fois, je suis reçu comme un roi. La soirée est sympa et enrichissante.
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Le plat traditionnel Népalais, le dal bhaat (riz aux lentilles) |
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Avec Bishnu et toute sa famille. Encore merci à eux! |
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La porte de la chaine de l'hymalaya |
A la sortie de Butwal, Je bifurque enfin vers les montagnes, direction Pokhara ou je suis actuellement. J'en parlerais dans la prochaine mise à jour...
A bientôt.