Je quitte Bombay avec des dents toutes neuves. Pendant les 50 kilomètres de slalom pour sortir de la ville (un des deux axes principaux est coupé pour travaux ce jour la), je m'arrete acheter des rustines dans un magasin de velo (je viens de crever deux fois en 10 kilomètres, y a des jours comme ça... ). J'y rencontre Anil, qui parle un peu français, il vient de participer à une course cycliste longue distance en France, le Brest-Paris-Brest (1200 kilomètres en une seule étape!). Le lendemain matin, alors que je viens à peine de prendre la route, un cycliste me rattrappe, c'est Mehul, lui aussi s'entraine pour des courses longues distances. Il est évidement ami avec Anil, le monde est petit. Il parti de Bombay à 4h du matin, je roule une centaine de kilomètres avec lui, quand on se quitte, il lui reste plus de 150 kilomètres à faire...impressionant.
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Sortie de Bombay (j'ai pensé à vous les frontaliers) |
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Journee avec Mehul |
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L'inde c'est souvent ça |
Je roule 2 jours sur ''l'autoroute'' qui mène vers le Nord. C'est une 2x3 voies ou la bande de gauche sert de route locale à double sens, parfois je me demande même si on roule bien à gauche. Elle est utilisée par les vélos, les charettes, les pietons, les motos et aussi par les animaux... c'est un joyeux foutoir. Le klaxon est roi, les accotements sont souvent couverts de déchets mais y a des restos-route ou l'on mange bien pour pas cher et ou l'on rencontre des gens sympas. Aussi je recois des encouragements et des saluts de la plupart des gens que je croise.
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les camions indiens qui encouragent à l'utilisation du klaxon |
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Entre Bombay et Udaipur |
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Ouais, c'est pas tout près hein |
Quand je bifurque enfin sur les routes de campagne, le changement est radical. C'est calme, ombragé, plus de déchets (sauf dans les villes), la température idéale, les routes plutot bonnes, parfait pour rouler en vélo. Sur le chemin, je rencontre des gens vraiment sympas, qui m'invitent pour le thé, pour manger, parfois même pour la nuit, dommage que ça ne soit pas toujours au bon endroit ou au bon moment. Surtout qu'il est difficile de trouver un endroit ou mettre la tente. Même à la campagne, les indiens sont partout: dans les champs, le long des routes, dans les forets. Tous les soirs c'est la partie de cache cache. En général je gagne, mais parfois je perds. Un soir, après avoir cherché un endroit pendant des dizaines de kilomètres, je finis dans un hôtel de routiers pas cher. La police toque à ma porte à 2h du matin pour contrôler mon passeport... Quelques jours plus tard, je me fais chasser d'un champ au lance pierre (véridique!) par un paysan enragé.
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J'ai essaye le criket, le sport national, je suis plutôt mauvais... |
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Entre Bombay et Udaipur |
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Entre Bombay et Udaipur |
Les attroupements sont proportionnels à la population. Quand c'était 7/8 personnes en Turquie ou en Iran, ici c'est au minimum une trentaine de personnes qui m'entourent à chaque arrêt. Heureusement, les indiens parlent souvent anglais, ça facilite la conversation.
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Une quinzaine sur la photo, et y en a autant derrière |
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Entre Bombay et Udaipur |
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Le marché du village de Rajpipla |
Les zones rurales que je traverse sont incroyables: vallonnées, verdoyantes, coupées de lacs et de rivières. J'y croise très fréquement, dans les villes comme dans les campagnes, des buffles, des chèvres, des chiens, des cochons, des écureuils des singes, des éléphants, des oiseaux en tout genre... J'ai parfois l'impression d'être dans un autre monde.
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Entre Bombay et Udaipur |
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Entre Bombay et Udaipur |
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Entre Bombay et Udaipur |
Les conditions de vie sont spartiates: des petites maisonettes de branchage sans eau courante, ou campements de fortune en bord se route. Les travaux agricoles se font encore sans aide mécanique. Tout le monde travaille, les enfants et les femmes font souvent les taches les plus pénibles, dans les champs comme sur les chantiers.
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Entre Bombay et Udaipur |
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Entre Bombay et Udaipur |
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Entre Bombay et Udaipur |
Je viens d'arriver à Udaipur, je retrouve Stéphane pour le réveillon de noël, un français qui voyage en courant que j'avais rencontré à Shiraz en Iran. A défaut de dinde aux marrons, ce sera restaurant indien, faut s'adapter...
Joyeux noël à tous.