samedi 31 mai 2014

De Kampala (Ouganda) à Bujumbura (Burundi)

Je quitte la capitale de l’Ouganda direction Sud Ouest vers les collines du Rwanda. Sur les premières centaines de kilomètres je roule entre les bananiers, les plantations de thé et les maisons qui s’enchaînent le long de la route. La région est assez peuplée, et plus que les paysages c'est les arrêts dans les villages qui sont intéressants.

Ouganda - Entre Kampala et Kabale - toujours un festival de fruits et légumes
Ca y est ! j’ai à nouveau la tête en bas !
Ouganda - Les petites villes que je traverse
C’est la saison des pluies, les journées sont rythmées par les averses tropicales. Dès la moindre goutte de pluie, les gens s'abritent, la route devient une piste cyclable. j'alterne les parties en solitaire la tête sous la capuche et les bouts de route avec les locaux qui transportent tout et n'importe quoi sur leurs vélos.

Ouganda - des bananes, encore des bananes et toujours des bananes...
Petit déjeuner "Rollex" (Chapati/omelette) dans un stand sponsorisé par Jésus, rien que ça!
Ouganda - Ville de Kabale
Aux alentours de Kabale, je retrouve un peu de relief et des endroits plus sauvages. Et qui dit montagnes dit chouettes paysages. Plutôt que de rejoindre directement le Rwanda, je fais la petite boucle par Kisoro en prenant la piste qui contourne le lac Bunyoni.


Ouganda  - Le Lac Bunyonyi
Ouganda - Les alentours de Kabale
Ouganda - Le Lac Bunyonyi

Les "mzungu, give me money" qui s'étaient fait rares au Kenya et dans l'Est du pays refont leurs apparitions par ici, même si c'est loin de ce que j'ai connu en Ethiopie. Malgré cela, il est agréable de grimper sur ces montagnes, slalomer entre les bosses, et profiter de ces paysages verdoyants.

Le volcan Muhavara (4127m d'altitude) qui marque la frontière entre l'Ouganda, le Rwanda et le Congo
J'ai les volcans en ligne de mire, le Rwanda est tout proche. "Salut, bienvenu au pays des milles collines" me dit le douanier en français. Je fais  mes premiers tours de roues dans ce petit pays.Ancienne colonie Belge, ici en plus de rouler à droite ça parle encore un peu français. Je me sens un peu comme à la maison. Les enseignes que je vois dans les villages me font sourire ("cantine chez tata Monique", "Salon de coiffure chez Marcel", etc.., , et je ne loupe pas une occasion de m'arrêter discuter en français quand c'est possible.

Rwanda - Le Lac Burera
Rwanda - Le francais a été remplacé par l'anglais en 2009 cependant de nombreuses enseignes sont toujours en Français
Rwanda - Coup d'oeil en arrière à la sortie des classes
Le pays des 1000 collines est magnifique, surtout à vélo. D'autant plus qu'un réel effort est fait pour l'environnement par rapport aux pays voisins. Je suis étonné d'y voir des bords de routes sans déchets, des poubelles publiques, des toilettes publiques dans les villages, les sacs plastiques sont remplacés par des enveloppes en papier. Aussi le dernier samedi du mois est consacré à des travaux communautaires, les commerces sont fermés, les taxis ne fonctionnent pas, chaque Rwandais doit participer au nettoyage des routes, à l'entretien des parcs ou à d'autres travaux d'intérêt commun.

Rwanda - Vous voyez la petite piste à flanc de colline? chouette non?
Rwanda - le village de Rulindo
Un petit jour de vélo plus loin, j'arrive à Kigali. Le président Rwandais veut en faire la capitale la 'Singapoure' de l'Afrique. On est encore loin du compte, mais c'est sans doute la capitale africaine la plus propre et la plus organisée que j'ai vu jusqu'à présent. Très verte, aérée et répartie sur plusieurs collines la ville semble agréable à vivre.

Kigali - 1 million d'habitants -  la capitale du pays vue des collines alentours
Pas de chance, c'est dans cette ville la moins chaotique d'Afrique que j'ai un accident. Alors que je reviens du marché à vélo (sans les sacoches), une voiture me raccroche le bras avec son rétroviseur et me fait tomber. Bilan : un pédalier tordu, des égratignures partout, une épaule bien amochée et deux côtes cassées. Je ne peux que difficilement me servir du  bras gauche. Moi qui pensais y passer deux ou trois jours, je me retrouve sur le canapé pendant deux semaines. Je limite mes déplacements à allez chercher à manger au coin de la rue.

Le petit centre ville de Kigali

L'auberge dans laquelle je réside est sympa et j'apprécie aussi le fait de faire une petite pause, mais je commence à avoir des fourmis dans les jambes.Surtout que maintenant la saison des pluies est terminée. Mes côtes et mon épaule vont mettre du  temps à guérir complètement, mais je suis maintenant capable de rouler. Je remets les sacoches sur le vélo direction le Burundi.

Les collines du Rwanda

Petit pays, il n'y a que deux jours de vélo jusqu'à la frontière du Burundi. Je profite encore un peu de ces magnifiques vues, de rouler sur des routes parfaites, de passer dans des villes ou je me croirais presque de retour en Europe. 

Frontiere Rwanda/Burundi
Les premiers kilomètres au Burundi

 Burundi - La petite ville de Kayanza
Dès l'entrée au Burundi, c'est « le retour en Afrique ». Le douanier essaie de me soutirer de l'argent, les villages sont bordéliques et poussiéreux. Je retrouve les mini épiceries d’un mètre carré. Sur la route je vois plus de gens qui marchent ou qui roulent à vélo que de voitures.

Village de Matongo
Vente de charbon de bois
Du monde sur la route, et toujours ces robes traditionnelles colorées

Le Burundi est un pays par lequel j'avais envie de passer, j'en ai entendu que du bien, et surtout le Français est une des  langues officielles. Même s'il est peu parlé dans les campagnes, les gens connaissent quelques mots. J'adore les ''Banjou, comment ça va?'' ou les "courage monsieur" que j'entends au bord de la route. 

Les enfants qui suivent le ''Mzungu'' -  ici ça n'est plus ''give me money'' mais "donne moi de l'argent'' 
Cette joie de vivre, cet enthousiasme, ces saluts et ces sourires c'est le côté pile. Mais ici comme dans les pays voisins, il y a aussi le côté face, celui qui au quotidien est difficile à vivre. Le fait d'être le "Mzungu" (le blanc, je l’entend des centaines de fois par jour et c'est pas toujours amical), de devoir payer le prix en conséquence, de passer sur un porte monnaie sur roue. Le fait qu’à chaque arrêt 30 personnes ou plus se plantent devant moi pour m’observer, m’attendent alignées devant la caféteria, s’entassent devant la fenêtre de l’épicerie où je fais les courses. Le fait d'être épié en permanence, on m’appelle, on me siffle, on crie pour attirer mon attention et me faire réagir.  

Vente de charbon de bois
Et ça monte...
Vue du dernier col avant Bujumbura
Encore quelques grimpettes puis les bananiers laissent place aux palmiers,  je me laisse descendre jusqu’à Bujumbara ou « Buja » comme on dit ici. Capitale de 700 000 habitants nichée au bord du lac Tanganyika. J’y suis accueilli comme un roi chez Simon, un Belge qui vit ici. Merci à lui.


Une des rue du centre ville de Bujumbura
Bujumbura - Sylvia, Jean Luc et Natasha avec qui j'ai passé pas mal de temps
Bujumbura - Concert de "Lion story" un groupe reggae local


Demain direction la Tanzanie.
A bientôt

9 commentaires:

  1. Bravo Loîc ! Chapeau pour ton courage ! Nous sommes heureux de constater que le Rwanda est redevenu un pays paisible après la terrible tragédie qu'il a vécu il y a 20 ans. Ce pays aux mille collines est vraiment magnifique.Nous te souhaitons bonne route vers la Tanzanie, en espérant que cette fois tout ira bien pour toi.
    Dom et Renaud

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  2. Bravo pour cette aventure, pour ton courage, ta ténacité, dans cette Afrique pleine de contradictions mais aussi de richesses.

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  3. Premier pépin sérieux, fallait bien que ça arrive, mais content de te voir en meilleure forme après cet accident. Et l'Afrique, toujours un vrai plaisir de te suivre sur ce Continent coloré et très vivant. Euh, pas de lions à l'horizon ?? Et si tu arrives à me trouver un chimpanzé local en descendant plus au Sud, merci pour la photo que tu pourras faire à cette occas. Bon voyage pour la suite, fais attention bien entendu. Pat

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  4. hello loic, content d'avoir de tes nouvelles, surtout dans mon pays d'origine (le rwanda), j'espère que ton passage dans cette région a été plutot inoubliable. On en reparle à ton retour au pays. enjoy... Alexxxis

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  5. Bravo pour votre courage et merci du partage!

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  6. Courage mon frere, je serais sur le qui vive pour vivre toute l'experience jusqu'a Cape Town...

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  7. ¿Y cómo sigues de las costillas y el hombro? Saludos y cuídate mucho!

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  8. Loïc, je vous admire encore plus ! Merci de partager votre aventure extraordinaire.

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